jeudi 21 novembre 2019

Et si on en parlait?

Une camarade de mon fils m'a lancé, à la sortie de l'école, devant Marius, une autre maman et son fils : "Mais t'es pas sa vraie mère, à Marius! Il était orphelin. Et toi, t'as récupéré un ORPHELIN." Ces mots m'ont sonnée parce que je ne m'y attendais pas. Encore moins dans le couloir de l'école, devant parents, enfants et devant mon fils. J'ai alors essayé de me débattre dans des explications qui ne semblaient pas la satisfaire, tout en ne lâchant pas mon fils du regard qui était très mal à l'aise et a préféré partir, vite. Je me suis alors rendue compte combien les questions qu'il entendait devaient être compliquées pour lui. Les enfants se posent de multiples questions au sujet de son adoption et plus particulièrement de son histoire. Et c'est normal, ils sont innocents et curieux. Comment il peut être mon fils sans me ressembler? C'est difficile à admettre. Marius s'embarque dans des explications qui ne sont pas claires... Et comment serait-ce possible? Pour lui c'est limpide, c'est sa vie, son histoire. Mais pour les autres enfants, cela peut être bien plus compliqué. 
Quant aux parents, ils peuvent se sentir gênés car cela relève de la sphère de l'intime. Mais, au contraire, si nous en parlions? Si nous parlions abandon et adoption à nos enfants? Evoquons librement et sincèrement les termes orphelinat, vraie et fausse mère, abandon. Eduquons-les aussi sur ce qui relève de l'intime et qui peut gêner ou blesser. 

Je crois qu'il ne faut pas avoir de tabou avec son enfant et oser dire les choses telles qu'elles sont, sans les dramatiser et sans les enjoliver non plus. 
Il n'y pas de vraie ni de fausse maman. Il y a deux personnes : une de passage, dans l'ombre, mais précieuse dans son coeur et dans sa vie, et une autre, présente quoi qu'il arrive, là pour les chagrins et les bonheurs, là pour un bon gros câlin et pour l'histoire du soir, là pour se fâcher aussi, pour écouter, comprendre, aider. 

Marius, grand bavard, adore cette chanson. Et si on faisait pareil? Parler!




Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Laissez-moi vos commentaires... Encore et encore!