dimanche 3 juin 2012

Bonne fête des "mamans un jour"

Aujourd'hui, c'est un jour particulier pour bon nombre de femmes. Beaucoup sont mamans et c'est leur fête. Elles ont déjà reçu ou vont bientôt ouvrir leurs cadeaux réalisés par les petites mains de leurs enfants. D'autres désirent depuis plusieurs années devenir mères. Depuis des années, elles rêvent de ce jour, entre autres. En fait, elles rêvent de tous les moments qu'elles ne passent pas encore avec leur enfant... 
A toutes ces femmes en particulier, j'ai une pensée, remplie de tendresse et d'émotions. Je vous souhaite une bonne fête des mamans à vous aussi, car vous êtes des mamans dans votre coeur. 
En ce jour très spécial, qui peut faire pleurer, je vous adresse tout mon courage et vous souhaite que ce soit la dernière fête des mères que vous passez.

Je sais que vous aussi, comme moi, vous vivez des moments parfois difficiles. Comme hier...
Hier, nous étions à une soirée d'anniversaire. Au programme des festivités: chansons, tours de magie, ventriloquisme, spectacles de lumière et musique (avec de la harpe électronique). Puis un moment douloureux pour Fabien et moi est arrivé. Le moment où quelqu'un prend le micro pour dire: "Ce soir, il y a deux fêtes. Tout d'abord, c'est l'anniversaire de Benjamin. Ensuite, comme vous le savez, c'est la fête des mères. J'invite donc toutes les mamans à me rejoindre, vous allez recevoir un petit cadeau." Mon coeur s'est serré et des larmes, inévitables, me sont montées aux yeux. Fabien aussi ne se sentait pas bien. J'ai lu de la tristesse dans son regard... Un ami, Michel, me dit: "Elise, vas-y toi aussi. Un enfant t'attend quelque part. Tu es maman, c'est pareil que pour les autres." Je refuse. Fabien lui explique qu'effectivement, ce n'est pas pareil... Puis je m'éclipse dans les toilettes.
C'est la première fois que je réagis comme ça en public... J'ai pleuré pendant très longtemps... J'ai envoyé un texto à mon amie Diane pour me confier. J'en avais besoin. Il était pourtant près de 23 heures... 
Voilà, notre vie à nous, les "mamans un jour mais quand?", c'est cela. C'est parsemé de plein de moments "particuliers" et difficiles à encaisser. 
Plus tard, nous avons discuté de cet épisode avec mon bien-aimé. Puis, au cours de la soirée, Michel s'est approché de moi puis m'a embrassée chaleureusement. Je sais qu'il a tout vu, tout compris. Mais il a été assez délicat pour ne pas remuer le couteau dans la plaie. Merci Michel, du fond du coeur. J'ai eu la gorge nouée toute la soirée et toute la nuit, mais j'ai quand même réussi à profiter des heures de la nuit pour danser et rire avec des gens qui me sont chers.

samedi 2 juin 2012

The place to be

Hier soir, 20h30. Quelques voitures sont déjà garées quand nous arrivons au lycée agricole de Sainte-Livrade-sur-Lot (47). Une femme arrive : "C'est ici, la réunion EFA?" A priori, oui. Qui, à 20h30 un vendredi soir, peut se retrouver dans l'enceinte d'un établissement scolaire? Hormis une rencontre parents-profs, je ne vois pas. Là, c'est une réunion adoptants-parents adoptifs. Une rencontre aussi. 
Nous rentrons dans la salle et saluons les quelques personnes déjà présentes. Fabien s'inquiète: "Je suis le seul homme, chérie. Tu as vu? Il n'y a que des femmes." A croire que ce qui touche à l'enfance ne concerne que le sexe féminin. Je le rassure puis des couples, petit à petit, font leur apparition. Tout le monde est chaleureusement accueilli par Isabelle Candalot, présidente de l'association départementale. Elle est là, partout, pour tout le monde. Son écoute est précieuse et elle a toujours un petit mot gentil pour chacun, une phrase de réconfort, un sourire, des encouragements, etc. Bref, hier soir, pour les adoptants du Lot-et-Garonne, c'était "The place to be"! 
Une fois tous les inscrits arrivés, nous nous installons en cercle sur des chaises puis nous nous présentons à tour de rôle. Vient notre tour: "Nous, c'est Elise et Fabien. Nous avons notre agrément depuis juin 2011. Nous avons un dossier au Mali via l'AFA et parallèlement, nous recherchons désespérément un OAA!" Le "désespérément" est peut-être de trop mais il est sorti naturellement. En attendant, c'est vrai, on s'épuise depuis des mois à écrire partout, à chercher des pistes, à encaisser des refus... Donc "désespérément", c'est bien le mot, non?! Pourtant, nous ne sommes pas désespérés, loin de là. Nous sommes archi-motivés et nous ne lâcherons pas comme ça notre si beau projet!
Présentations finies, les parents adoptifs prennent la parole à tour de rôle pour raconter leurs parcours respectifs. Il n'y a pas une adoption mais bien DES adoptions, toutes aussi différentes et singulières les unes que les autres. Adoption internationale, d'un pupille de l'Etat, d'une fratrie, de grands enfants, de bébés, d'enfants à particularités, adoption individuelle... Chaque histoire est prenante. A chaque témoignage, je vis le parcours intensément, le coeur battant à cent à l'heure. Je m'y vois. C'est beau. C'est fort.
J'espère que nous aussi nous serons à leur place un jour, même si c'est dans plusieurs années. Nous savons déjà que nous viendrons apporter notre soutien et partager notre expérience car aujourd'hui, c'est précisément cela qui nous aide. Plus que tout!

De cette soirée, j'ai appris une chose : rien ne sert de courir plusieurs lièvres à la fois, il faut savoir se poser, prendre du recul, ne pas tout le temps être en action. Le truc que je ne sais pas faire et surtout auquel je n'avais pas pensé. Et pourtant, c'est vrai. Si notre enfant n'arrive pas maintenant, c'est que ce n'est pas lui. Il arrivera plus tard, il faut que je m'en persuade, même si c'est parfois difficile. Il arrivera, oui.
Désormais, je vais ralentir le rythme et me calmer. Ne pas écrire à tout-va. Ne pas paniquer. Essayer de moins angoisser. Et y croire. Parce que notre enfant arrivera. Si ce n'est pas maintenant, ce sera plus tard...

mardi 22 mai 2012

De main en main tendue

Des mots d'encouragement, des phrases qui nous touchent au plus profond de nous, des conseils... Que ça fait du bien! Nous avons été dépités ces derniers temps. Mais comme on nous le dit sur les forums, il ne faut pas désespérer. Aujourd'hui, grâce à toutes ces marques de réconfort, nous avons repris le dessus et retrouvé notre clavier pour écrire de nouvelles lettres de motivation.
Une main tendue, c'est peu pour celui qui la tend... Mais pour celui qui s'y raccroche, c'est juste essentiel. 
Dans nos parcours d'adoption parfois complexes et toujours longs, quel soulagement de voir que l'on n'est pas seuls! 

Mon petit, si un jour nous parvenons à être réunis, j'espère que nous parviendrons à t'apprendre l'importance de la solidarité. Aujourd'hui, elle nous permet de tenir. Demain, elle sera encore présente car on ne peut pas briser ces liens et oublier son passé. Demain, je sais que je soutiendrai les couples dans l'attente comme nous le sommes actuellement. J'espère que nous saurons te transmettre cette valeur ô combien importante pour vivre sereinement.

samedi 19 mai 2012

Bientôt une nouvelle venue dans la famille

L'objet de toute notre affection et de nos achats s'appelle Havane. Enfin, pour le moment, elle s'appelle Héka mais le 29 mai, ce sera officiellement Havane. C'est un petit chaton, une femelle, qui fait partie de la famille des Norvégiens.
Une boule d'amour! 
Moi qui ai toujours dit: "Moi, un chat? Jamais!", j'ai craqué. Je me suis fait avoir par sa douceur et son joli regard. 
Elle sera parmi nous en août, après nos vacances au Mont-Dore, en Auvergne. Que nous avons hâte de la câliner! 


lundi 14 mai 2012

Patience

C'est LE mot à bannir, le mot que je ne supporte plus, celui qui me met hors de moi. 
Je ne le supporte plus surtout venant de personnes qui n'ont pas connu notre parcours et qui n'ont eu qu'à "claquer des doigts" pour fonder une famille. 
"Patience, patience..." A chaque fois que j'entends ça, j'ai envie de répliquer: "On échange nos places et on en reparle?!" 
C'est vrai, quoi...

lundi 7 mai 2012

En mode fatigue

Entre la fatigue liée à l'intervention chirurgicale et le fait que nous soyons passés tout près d'un apparentement, le moral est au plus bas. 
Peut-être qu'un jour la roue tournera, je ne sais pas quand et je commence à perdre espoir car les années passent et se ressemblent, cruelles. 
Heureusement, mon grand amour est là. Heureusement, nous sommes ensemble. Nous sommes forts, lassés, vidés mais forts (du moins je l'espère). Heureusement aussi, j'ai ce blog qui m'apporte nombre de contacts et beaucoup de réconfort grâce à l'échange entre adoptants. 

samedi 5 mai 2012

Absence justifiée

Bonne élève que je suis, je viens vous présenter un mot d'excuse concernant mon absence cette semaine. J'ai eu l'appendicite, voilà tout!

Samedi 28 avril 2012, 5 heures du matin, après une nuit blanche:
Fabien : - Je t'amène aux urgences, chérie?
Moi: - Ouiiiiiiiiiiiiiiiiii.

Samedi 28 avril 2012, 11 heures, échographie :
L'échographe : - Il y a un épanchement, ce n'est pas grand-chose. Et l'appendice est là... Je ne sais pas ce que vous avez.

Dimanche 29 avril 2012 : ........

Lundi 30 avril 2012, après une crise de douleurs toute la nuit, le médecin arrive (Dieu, quoi) :
- Je pense à une pleurésie. On va annuler l'écho et faire un scan à la place.
12h, après une poussée de fièvre impressionnante et des frissonnements incontrôlables : 
- Inspirez. Bloquez votre respiration. (Un ange passe). Respirez...

13 h, je remonte dans ma chambre, la 32, service chirurgie : 
L'infirmière : - Le Dr A. vous a expliqué?
Moi : -Non.
- Ah. Bon, il va venir alors. Vous avez l'appendicite, il vous opère dans la journée. On vous prépare.

13h15, Dr A. arrive dans ma chambre, tout sourire et accent malgache à l'appui:
- Vous avez une grosse appendicite. Donc je vous propose de vous opérer, hi, hi, hi! 
Moi, prête à n'importe quoi pour que la souffrance cesse : - OK, parfait, merci. Vers quelle heure?
- Quand le bloc sera libre.
- Comment allez-vous procéder?
Le chirurgien retrouve son sourire : - Je vais vous faire trois ou quatre petits trous, hi, hi, hi, hiiiii!!! A tout à l'heure, hein!!! Ah, ah, ah!!!

Au moins, il m'aura fait sourire, je l'aime de suite ce médecin! Il m'inspire confiance.

13h30, grosse fièvre, gros frissons. Une aide-soignante arrive et me découvre dans cet état :
- Oh, ooooh... Je reviens, j'arrive!
Six personnes, des infirmiers à l'interne en passant par les aide-soignantes, envahissent la chambre, visiblement impressionnés. Le médecin arrive et donne ses dernières indications... On m'opère non plus dans la journée mais dans la foulée. Au bloc, je reconnais quelques têtes qui étaient là lors de mon curetage l'an dernier, tous aussi gentils les uns que les autres. Je me glisse sur la table d'opération, on m'emmène au bloc, l'infirmier anesthésiste me colle un masque à oxygène sur la bouche. La tête tourne, tourne, touuuuuuuuurrnnnneee... "Votre truc ne march'..." Et dans les vaps!
Quel soulagement!