mardi 22 décembre 2015

Ensemble

Troisième Noël ensemble.
Le premier, il venait d'arriver. Il ne comprenait pas ce que venait faire cette amas indécent de cadeaux.
Le deuxième, il a savouré. Nous nous sommes rapprochés. Nous avons fait famille. Il nous a véritablement adoptés à ce moment-là.
Le troisième, il l'attend avec impatience bien sûr. Il se pose toujours mille questions et n'a qu'une idée en tête : qu'on change de maison pour en avoir une avec une cheminée! Son père me demande, le regard mi-amusé mi-accusateur, qui a bien pu lui mettre ça dans la tête. Mais c'est vrai : la cheminée est indispensable, non?! Ce troisième Noël, mon trésor attend les cadeaux bien sûr mais apprend les notions de partage, de bonheurs partagés, et que le plus important pendant cette période est d'être ensemble. Ensemble en train de se regarder un bon dessin animé. Ensemble en train de prendre notre temps. Ensemble en train de jouer à un jeu de société. Ensemble en train de faire des mots. Ensemble en train de chanter ou de danser. Ensemble à se courir après autour de la table. Ensemble pour  renforcer les liens et nous aimer.
Et nous, nous retrouvons depuis hier soir, et non sans joie, un petit garçon détendu celui que l'on avait perdu à la porte de l'école.  

jeudi 19 novembre 2015

Tour Eiffel

Les enfants sont bons. Si nous leur apprenons. 
Mon fils est bon, gentil, empathique. Il n'aime pas voir les enfants pleurer car ça le questionne. 
Mon fils est un grand rêveur aussi. Il aimerait bien aller voir la Tour Eiffel :
- Oh la Tour Eiffel, maman! Pourquoi la Tour Eiffel à la télé?
- Parce que le journal télévisé se fait à côté.
- Moi a veux voir Tour Eiffel.
Je lui ai dit que oui, nous irions (avant qu'elle ne disparaisse sous la volonté de barbares).
Toujours rêveur, il souhaite aller sur la lune. "Waouh! C'est beau la lune! Pourquoi y'a pas quelqu'un dessus? Moi a veux astronaute." Il ira un jour, s'il suit ses rêves. Si la vie est clémente avec lui. Si... Si... Si... Je lui souhaite. 
Il est l'avenir. Il est la paix. 
Nous voulons la paix pour l'humanité.
 

lundi 9 novembre 2015

Un peu Vietnamienne

Vous connaissez mon péché mignon, mis à part le chocolat? L'odeur de ses cheveux qui me chatouillent. Ses cheveux indomptables parfois. Qui volent au vent créé par ses courses effrénées. Je ne vous ai jamais dit combien je trouvais ses yeux si beaux et son regard noir si profond. Je ne sais pas de qui il tient ça. D'une belle personne assurément. 
Lui qui aimerait parfois changer de couleur de yeux, pour se fondre dans la masse. Pour ne pas subir les quelques remarques méchantes ou insolentes (rares, heureusement). 
- Pourquoi il a les yeux comme ça?, m'a lancé une petite fille au parc. 
Lui est venu me voir pour me glisser : 
- T'as vu maman? J'ai les yeux verts!, tout en mettant son ballon vert fluo devant ses si beaux yeux. 
- Des yeux comment? De si beaux yeux en amande tu veux dire, c'est ça?. 
J'ai tenté ma chance mais la réplique a été aussi brutale qu'un coup de couteau pour mon fils qui me regardait : 
- C'est moche, a-t-elle argué en fuyant ensuite. 
Mon fils me regardait, attendant une défense. Je n'ai pu que la retarder en lui disant : 
- Tu te trompes, il a les plus yeux du monde. 
Puis je n'ai pu que rassurer mon fils, mon petit M., mon petit zébulon qui perçoit le monde avec tant de sensibilité. Et c'est vrai, il a les plus beaux yeux du monde ! Une maman ne ment pas. Je n'aime rien tant que son regard se levant vers moi, m'interrogeant de milliers de questions sur la vie. Je n'aime rien tant que son regard noir perçant et rieur. Il y a tant de rêves cachés dedans, si vous saviez.

Puis il y a eu ce petit garçon avec qui nous avons joué de longues minutes. Nous partons et il vient me voir :
- Pourquoi vous êtes Chinoise?
J'ai adoré. J'ai ri, j'ai adoré car c'est innocent et beau. Je ne suis pas Chinoise mais grâce à mon fils, je suis un peu Vietnamienne. C'est ce que je lui ai dit, brièvement. Il a juste répondu : "Ah d'accord!" D'accord... Même si je n'ai pas les plus beaux du monde mais les yeux verts, tout simplement.

lundi 26 octobre 2015

Deux ans avec notre merveille

Le 14 octobre, cela a fait deux ans. 
Il y a deux ans, c'est un petit garçon apeuré que nous rencontrions (les nouveaux parents n'en menaient pas large non plus!). Aujourd'hui, c'est un grand garçon de 3 ans et 9 mois, plein de vie, de malice, épatant dans bien des domaines, avec des idées, des envies et des rêves plein la tête, une persévérance et une détermination à toute épreuve, adorable et gourmand, tour à tour chevalier, pompier, super-héros, musicien, chanteur, showman, magicien et plus encore. Et dire que c'est notre fils! Deux ans... Nous avons parfois du mal à y croire. Mais ce ne pouvait être que lui et nous, c'est une évidence.


Notre fils, c'est aussi des perles quotidiennes. 


- C'est loin Hanoï, maman?
- Oui, le Vietnam, c'est à plus de 9000 kilomètres d'ici, en Asie.
- Mais non! Tu prends à droite, là, puis à gauche et encore à droite et on est zazivés!... J'rigole, tu sais! Joyeux anniversaire maman!


- Mesdames, messieurs, applaudissez. A-PPLAU-DI-SSEZ! Les enfants et les adultes, applaudissez!

- Maman, sous piderman, y'a un monsieur? Il est déguisé, hein?
Bon, l'histoire du Père Noël, je crois qu'on ne va pas pouvoir lui faire longtemps...

- Qu’est ce que tu as appris de nouveau à l’école aujourd’hui ?
- Rien
- Ah… Et as-tu rigolé ?
- Oui !
- C’est chouette ça !
- Et est-ce que tu as eu une idée à la noix aujourd’hui ?
- Euh… Non.
- OK. Et as-tu eu une idée de génie ?
- De génie, ah ça oui ! (grand sourire) J’ai jeté des cailloux sur Enzo. Des petits cailloux, hein !

- Dépêche-toi, écoute maman !
- Oui, sinon on est à la bourre, en retard !

Petite phrase dite à la maîtresse :
- Moi, je suis un adulte.

Un midi, à table, la main sur la joue, pensif :
- La planète Terre, c’est la planète des Bêtas (en référence à La Planète des Alphas)

Nouvelle passion, les chevaliers :
- Pam, pam, pam ! Attention maman, c’est l’hécatombe !

- Ah ça, c’est un jouet de garçon. Chevaliers, que pour papa et moi. Pas maman.
- Et pourquoi ça ?
- Parce que c’est pas pour les filles…
- Ben si, les filles aussi peuvent jouer aux chevaliers. Toi tu as bien demandé une coiffeuse au Père Noël et tu aimes la Reine des Neiges. Tu vois, ce n’est pas que pour les filles… Donc les filles peuvent aussi jouer aux chevaliers.
- Non, parce que c’est dangereux. Ah ouiiiiii… ça c’est vraaaaaiiiiiii…
Si c'est vrai alors... 

- Maman, elle chante juste?
- Non.
- Et papa?
- Oui.
- Et mamie?
- Oui.
Trois heures plus tard.
- Qui chante le mieux ici, loulou? 
- Papa et mamie. 
- Et maman?
- Non.
Quelle ingratitude! Après toutes les comptines que j'ai pu lui chanter ! Mais y'a rien à faire, je chante faux, je chante faux! 

- SA... ?
- BLE. Sable!
- Non maman! SA CADO! 
- Eh oui, un SAC A DOS. C'est pas bête. Sinon, il y avait aussi SAPERLIPOPETTE! Bon, à moi. CUI...?
- SINE!
- C'est bien! A papa!
- Moi je pensais à CUI-CUI! (rires) Bon... COU...?
- DE!
- Ah oui, un coude... J'y avais pas pensé mais tu as raison. J'avais pensé à COULEUR ou COULOIR!

- Paris, Paris!
- Non, Biarritz chouchou!
- C'est compliqué de le dire.
- Bari!
- C'est bien, tu fais ton maximum. C'est très bien.
- On est à l'océan Atlantique!
- Heu... Oui, c'est ça. 

Son "papounet d'amour":
- Alors, qu'as-tu vu au Musée de la mer? Des requins?
- Oui... Et un plongeur! 
C'est ce qui l'a sans doute le plus marqué!

- Tu sais, le Père Noël ne pourra pas t'apporter tout ce que tu souhaites avoir. Combien de jouets va-t-il t'apporter? Tu sais, on t'a déjà expliqué.
- 18!
- Heu... non! ça, c'est le numéro des pompiers, loulou!

lundi 14 septembre 2015

A l'institutrice de mon fils

La "pécresse" de mon fils, Céline, semble douce et ferme à la fois et juste. Voilà ce que j'aurais aimé lui écrire... parce que mon fils, comme tous les enfants, a tout à apprendre et qu'il est profondément gentil.

« Il aura à apprendre, je sais,
que les hommes ne sont pas tous justes,
ne sont pas tous sincères.
Mais enseignez-lui aussi
que pour chaque canaille il y a un héros;
que pour chaque politicien égoïste,
il y a un dirigeant dévoué…
Enseignez-lui que pour chaque ennemi il y a un ami
Éloignez-le de l'envie,
si vous pouvez,
enseignez-lui le secret
d'un rire apaisé.
Qu’il apprenne de bonne heure
que les despotes sont les plus faciles à flatter…
Enseignez-lui, si vous pouvez,
les merveilles des livres…
Mais laissez-lui un peu de temps libre
pour considérer le mystère éternel des oiseaux dans le ciel,
des abeilles au soleil,
et des fleurs au flanc d’un coteau vert.
À l'école, enseignez-lui
qu’il est bien plus honorable d'échouer
que de tricher…
Apprenez-lui à avoir foi
en ses propres idées,
même si tout le monde lui dit
qu’elles sont erronées…
Apprenez-lui à être doux
avec les doux,
et dur avec les durs.
Essayez de donner à mon fils
la force de ne pas suivre la foule
quand tout le monde se laisse entraîner…
Apprenez-lui à écouter tous les hommes
mais apprenez-lui aussi à filtrer
tout ce qu'il entend à travers l’écran de la vérité,
et à en recueillir seulement les bonnes choses
qui passent à travers.
Apprenez-lui si vous pouvez,
à rire quand il est triste…
Apprenez-lui qu’il n'est aucune honte à pleurer,
Apprenez-lui à se moquer des cyniques
et à prendre garde devant une douceur excessive…
Apprenez-lui à vendre ses muscles
et son cerveau au plus haut prix,
mais à ne jamais fixer un prix
à son coeur et à son âme.
Apprenez-lui à fermer les oreilles
devant la foule qui hurle
et à se tenir ferme et combattre
s'il pense avoir raison.
Traitez-le doucement,
mais ne le dorlotez pas,
parce que seule l’épreuve
du feu forme un acier fin.
Qu’il ait le courage
d'être impatient
et la patience d’être courageux.
Apprenez-lui toujours
à avoir une immense confiance en lui même,
parce que dès lors, il aura
une immense confiance envers l'Humanité.
C'est une grande exigence,
mais voyez ce que vous pouvez faire…
Il est un si bon garçon, mon fils! »
Abraham Lincoln

mercredi 2 septembre 2015

Tout s'accélère

J'ai l'impression qu'avec l'école, tout s'accélère.

Il a de nouvelles expressions comme "T'as vu ma boule?" alors qu'avant il nous parlait de ses muscles aux bras! 

Selon lui, la maîtresse veut que les enfants l'appellent "pécresse" mais lui a décidé de l'appeler Céline. Esprit de contradiction, quand tu nous tiens...

A l'école, il se sent comme un poisson dans l'eau, même s'il ne tient pas assis. Mais il est là pour apprendre à devenir élève et il y arrivera avec un peu de temps, à son rythme. C'est tout un apprentissage! Et c'est vrai qu'il a de l'énergie à revendre. Même sans sieste, il arrive quand même, le soir venu, à chanter et danser sur "Maldone" de Zouk Machine (il connaît la chorégraphie par coeur), à vouloir lire, faire de la peinture, jouer de la guitare et de la batterie. Mais où puise-t-il toute cette énergie?!

Ce soir, il nous a réservé deux belles surprises. Tout d'abord, il s'est mis à chanter la chanson du générique du dessin animé Les Mystérieuses Cités d'Or par coeur et à nous réciter un poème, que je lui lis depuis qu'il est avec nous (parmi d'autres poème et comptines) :
- Maman, écoute :
"Dors, dors ma petite fille
Dors, dors mon petit bébé
Le soleil s'en est allé
A cheval sur une chèvre
Le soleil reviendra demain 
A cheval sur un poulain"

Et je ne sais pas ce qu'il a en ce moment, mais il n'a de cesse de parler du monsieur de l'Eglise. Il fait une fixette sur le curé, que nous n'avons jamais rencontré... 

dimanche 30 août 2015

"Igolo"

Il est de ces week-ends tout simplement beaux. Ses mots à lui qui enchantent nos heures. Nos regards à nous remplis de fierté, de tendresse et d'amour pour lui... et d'amour toujours pour nous.
Notre perroquet fils parle de mieux en mieux et son langage de bébé nous manque déjà.
Il y a eu la crèche, le centre aéré, bientôt l'école... Mon coeur se serre un peu à l'idée de cette nouvelle page. Car après la petite section, il y aura le CP, l'entrée en sixième, la seconde, etc... Bouh! Vivons chaque jour intensément et ce sera bien meilleur! 
Au centre aéré, il a participé au spectacle de fin d'été. Et quel spectacle. Il était à fond et a bien dansé, fidèle à lui-même. La musique, la danse, le chant... Tout cela fait partie de lui. "La musique dans la peau!" Il adoré monter sur scène : "C'est super!" et, depuis, n'a de cesse de danser et de répéter la chorégraphie, mon petit 100 000 volts.
Il a également été à Parc'en ciel, un parc où l'on peut faire de l'accrobranche. Notre petit acrobate a adoré. "Il s'est éclaté", a conclu l'animatrice. Le soir, il m'a bien résumé sa journée : "C'est super, maman!" 

Il joue de son charme. Tous les jours. Pour ne pas se faire gronder. Pour obtenir ce qu'il veut. Pour que la vendeuse de la boulangerie lui offre une chouquette. Il met tout le monde dans sa poche, c'est si facile pour lui! C'en est déconcertant parfois pour nous... 

Pour lui, tout est "igolo". Il se bidonne pour un rien et nous emmène dans son monde étoilé et joyeux. "Tu as la bêtise ce soir", et c'est un petit garçon qui s'esclaffe en lançant : "C'est igoloooo!" 
Tout est "igolo". Même les bisous de papa et maman qu'il rejette parfois mais... "C'est bien un papa et une maman". 

C'est bien d'avoir un fils comme lui. Tous les jours, on se dit : "Quelle chance". Quelle chance oui... S'il n'existait pas, il faudrait l'inventer.