jeudi 13 mars 2014

Au revoir les amis!

Ils partent! Quel bonheur d'écrire ces deux mots. Dimanche, j'ai eu les yeux embués en leur disant "au revoir". Cela renvoie à tant de souvenirs pas si lointains... L'adoption est une aventure sans pareil, vraiment unique. Un texto reçu de l'aéroport et c'est tout qui remonte à la surface : notre voyage, ou plutôt périple vers le Vietnam, la grève, le TGV, l'accident, la course contre la montre pour arriver à temps pour le vol pour Séoul... Quelle aventure ce voyage de toute une vie! 
Nous leur souhaitons un voyage moins rocambolesque que le nôtre, une très belle rencontre et de beaux premiers pas à quatre. 

Au revoir les amis! A bientôt!


vendredi 7 mars 2014

"Non"

Il n'y a pas que le petit qui dit "non", la mère s'y met aussi, ENFIN!
Avant, je laissais les gens toucher mon fils, ne réagissant que trop tard. Je les laissais s'accaparer mon fils en quelque sorte. Eh bien, maintenant, c'est fini. Les gros lourds qui veulent toucher, câliner, couvrir de bisous mon fils vont pouvoir aller se faire cuire un oeuf. Ils me gonflent. Je vais toucher leurs enfants ou petits-enfants, moi? Non! 
Certes, notre fils est beau, c'est vrai (je ne vais pas dire le contraire : nous sommes chaque jour émerveillés par lui). Tout le monde le dit, il ne laisse personne indifférent, beaucoup de gens se retournent sur son passage. MAIS il n'est pas un enfant public.

Mercredi, un SDF s'est ravisé. Aujourd'hui, une mamie a été vexée de mon "non, il ne reçoit pas de bisous et ne fait pas de bisous aux inconnus. Cela lui est défendu".  

Je me sens bien mieux désormais... et mon fils est aussi de plus en plus souriant. Hasard ou coïncidence? 

samedi 1 mars 2014

Séduire, à tout prix

C'était à la pharmacie, une dame était tout de rouge vêtue... Le petit garçon qu'il est a immédiatement pensé au Père Noël. Elle lui a tapé dans l'oeil en quelque sorte. Il lui a souri, lui a tendu la main. Elle lui a répondu : "Que tu es mignon, tu es bien beau!". Il n'en fallait pas plus. Il lui a pris la main, est passé à côté de moi, m'a fait signe "au revoir" avec sa petite main potelée, et est parti. J'ai juste eu le temps de dire : "Mais tu rigoles ou quoi?!" avant qu'il ne passe la porte coulissante automatisée avec la dame aux cheveux grisonnants qui, ma foi, devait se sentir moins seule.

C'était au coin de la maison. Il titubait, son corps sentant l'alcool à des kilomètres, et a dit, d'une voix venue d'ailleurs : "Oh, un petit garçon! Qu'il est joliiiiiii..." Il n'en fallait pas plus. Bloqué dans sa poussette, mon fils m'a regardée puis fait comprendre, à force de chouiner et de taper des pieds, qu'il voulait aller par terre, suivre ce gentil monsieur pas net... C'est alors que je lui ai dit : "Non, on ne va pas avec des inconnus, c'est dangereux. Tu restes avec moi car je suis ta maman. Et on se promène ensemble."

C'était au parc, il faisait beau. Nous avons marché longtemps ce jour-là, côte à côte, poussant la poussette où Paco dit "Coco" dormait. D'autres gens avaient eu la même idée. Forcément, quand le soleil pointe le bout de son nez, tout le monde sort, se retrouvant entre amis, se baladant en couple. Ils lui ont dit : "Ooooh, tu marches bien. Tu aides ta maman?! Tu promènes ton joli doudou?... Oooh, oui, tu viens nous voir, tu n'es pas sauvage..." Il savait qu'il avait gagné. Ils nous ont dit "au revoir", continuant leur chemin. Il est revenu vers moi mais cela n'avait pas suffi. Il leur a couru après, cherchant leur contact, à nouveau un sourire. Ils se sont retournés, heureux de ce petit garçon qui venait les voir, cherchait leur contact, voulait aller dans leurs bras. Je lui ai dit: "Non, tu restes avec moi. Je suis ta maman et tu sais bien qu'on ne suit pas des inconnus, c'est dangereux."

C'était au square, un lundi après-midi, sous le soleil d'hiver. Il faisait doux. On se serait cru au printemps. Des enfants, il en venait de partout, ça courait dans les tous les sens. L'heure était joyeuse, entre les jeux et le goûter. Puis il y avait Antoine, deux ans dans un mois, gardé par deux mamies très poules, visiblement pas au courant de ce que peut faire un petit garçon de presque deux ans. Il lui a souri, attirant son regard vers lui. Il lui a montré comme il savait bien descendre le toboggan, comme un champion. Il pouvait être fier de lui. Sa maman aussi était fière de lui : je l'ai applaudi, je lui ai montré ma fierté, l'ai félicité en lui répétant qu'il était vraiment trop fort, et en le pensant. Mais ce n'est pas moi qu'il voulait séduire, pas moi, non. Ce qu'il voulait, c'était cette dame, là... l'une des mamies d'Antoine. C'est alors qu'il s'est dirigé vers elle en courant puis a serré ses jambes fort dans ses bras. J'ai juste eu le temps de dire : "Non, tu ne fais pas de câlins aux inconnus, c'est interdit, c'est dangereux." Il ne m'a pas écoutée. Il a fait son petit dur puis a continué son petit bonhomme de chemin, entre escalade et glissades. 

C'était à la bibliothèque, section jeunesse. Malgré les consignes, il a couru partout, a touché à tous les livres, ne s'intéressant à aucun d'entre eux finalement. Il s'est mis debout sur les petits fauteuils, s'est pris les pieds dans un tapis... est allée voir A., qui s'occupe de l'animation de cette section. A. est très professionnelle. Elle ne prend pas les enfants sur ses genoux. La distance s'impose d'elle-même. Mais voilà... pas intéressant, malgré le fait qu'elle lui lise une histoire. Il fallait séduire. C'est alors qu'une maman est arrivée, croisée quelque part un jour, mais où? Ses deux petites filles ont regardé les livres, la maman leur en a lues, elles ont fait leur choix ensemble. Il fallait séduire à tout prix. Il est allé la voir. Il lui a souri. Mais cela n'a pas pris, pas plus que ça... Elle voulait qu'il aille voir sa maman, mais cela ne faisait pas partie de ses projets. Il a tourné en rond, malgré mes appels pour l'attirer à lui. Il a pris un livre, lui a collé dans les mains. Il s'est blotti dans ses bras, a formé un collier autour de son cou. J'ai entendu : "Oh, tu me fais un câlin, tu es trop gentil. C'est adorable!" J'ai à peine eu le temps de me retourner et de dire : "Non, tu ne fais pas de câlins aux inconnus. Viens me voir, s'il te plaît, mon coeur." La maman m'a lancé un regard noir, je suis passée pour une sans coeur probablement. Elle qui trouvait ça "trop mignon", "adorable", ce petit garçon de deux ans qui vient lui faire un câlin. J'ai répété: "Non. Viens ici s'il te plaît." Quand il est venu vers moi, je l'ai pris à part, yeux dans les yeux, je lui ai expliqué que cela ne se faisait pas. J'ai juste eu le temps de dire cela, il s'est dérobé et est parti en courant... 
Cela n'a pas eu d'effet et n'en aura pas la prochaine fois... Un autre jour d'un autre mois peut-être. Il faut du temps, je t'en laisserai, mon fils.


mercredi 26 février 2014

Photos

Sur le réfrigérateur, des photos de notre fils. Avant nous. Et pendant notre séjour. Notre loulou adore les regarder : 
- Papaaa... Mamaaann... (il n'a de cesse de répéter ces deux mots, pour s'assurer de notre présence)
- Et où est notre fils adoré ?
- Héaa! Héa, héa! 
Oui, bon, c'est vrai, il est sur toutes les photos!  
- Dodo!
- Oui, tu avais quatre mois, et tu dormais, c'est bien ça. 
Et devant une autre photo :
- Qui est sur cette photo?
- Maaaa! 
Bien vu! Il avait six mois et c'est la photo que nous avions vue lors de la proposition d'enfant. Que je l'aime cette photo! Il l'a souvent cachée et j'ai dû la mettre en hauteur d'ailleurs.
Puis vient la photo où il est avec sa nounou. Il lui caresse le visage et passe à une autre. Et on refait le tour :
- Papaaa... Mamaaaannn...
- ... Pour la vie, mon coeur.




mercredi 19 février 2014

"Regardez, regardez, un Chinois!"

Une petite fille, en décembre dernier, dans la salle d'attente du docteur, avait fait la réflexion à sa mamie, sans méchanceté aucune. A ce moment-là, j'ai cru voir la mamie mourir de honte sur place, alors qu'il n'y avait pas de quoi. L'innocence des enfants, leurs questions sont pardonnables car normales.

Lundi dernier, au square, c'était différent. Alors que mon petit loup venait de faire un tour de toboggan, il regardait un trio composé de trois garçons de 8-10 ans, 5 ans et 3 ans. Au bout d'un petit moment, le plus grand l'a remarqué et s'est écrié, comme s'il avait déniché un truc bizarroïde :
- Eh, regardez, regardez, un Chinois!, en tirant un peu sur ses yeux.
Je lui explique alors que mon fils est Français, ne sachant que répondre face à tant de bêtise et me disant que les parents doivent aussi avoir l'esprit bien fermé. Et là, il me rétorque : 
- Ben non, il est Chinois parce que... et il se poste devant mon fils en s'étirant les yeux au maximum pour bien se foutre de lui, en faisant la grimace et le tout en riant bien sûr. 
J'ai essayé de lui expliquer la différence mais finalement, ma seule vraie réponse a été la suivante : "Allez, viens mon loulou, ne reste pas là. Il ne faut pas rester auprès des personnes bêtes et méchantes." 
Je ne pensais pas que nous serions si vite confrontés à ce genre de réaction. Je pensais que cela arriverait à la crèche ou à l'école mais, bêtement, je n'avais pas pensé aux lieux ouverts tels que les parcs. Maintenant, je me sens plus armée pour défendre mon fils, qui n'a pour le moment que son sourire ou son regard interrogateur pour langage. Désormais, je saurai quoi répondre! Touchez pas à mon fils, je mords!!!!


Allez, loulou, viens, il y a toujours des idiots... Tant pis pour lui! Il n'a pas ce bonheur de te connaître. Tes yeux sont deux perles rares, ne laissons jamais personne dire l'inverse.

vendredi 14 février 2014

Je dis M

Il y a quatre mois, nous nous rencontrions. Nous faisions connaissance, après s'être approchés petit à petit. 
Il y a quatre mois, il est arrivé dans notre vie pour de bon.
Il y a quatre mois, notre amour pour lui nous a envahis et pourtant, cet amour est devenu de plus en plus fort, de plus en plus beau au fil des semaines... et ça ne cesse de grandir.

J'ai juste envie de dire "je t'aime", à mon petit M. et à mon grand Mari.


mardi 4 février 2014

"Ta taim!"

Ah, la nourriture! Quel vaste sujet chez les enfants adoptés. C'était difficile de faire manger notre petit bout de chou au Vietnam car l'ayant sur les genoux avec les baguettes... on va dire qu'il faut être entraîné! Puis il y avait les serveurs et serveuses qui voulaient sans cesse jouer avec lui, ce qui est usant à la longue quand on essaie de manger soi-même et de faire manger son enfant... Eh bien aujourd'hui, les temps ont bien changé : "ta taim, ta taim, ta taim, ta taim, ta taim". Voilà ce que je peux entendre à longueur de journée, alternant avec "Aaahh. Aaaahhh", le doigt en direction de la bouche. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il sait se faire comprendre! Donc ici, "ta taim" tout le temps, même après le repas. Tant qu'il y en a sur la table, "ta taim". Une fois que tu as tout rangé, "ta taim". Après le goûter, "ta taim". Une heure trente après celui-ci, "ta taim"... 


Il est 19h30, vous connaissez maintenant la chanson! A taaaaableeeeeeeeee!